Qu’est-ce que l’AFEST ?
L’action de formation en situation de travail (AFEST) est née de la réforme de la formation professionnelle de 2018. Le Code du travail admet qu’une action de formation soit réalisée en situation de travail (article L6313-2) et en fixe les conditions de mise en œuvre (article D6313-3-2, issu du décret n° 2018-1341 du 28 décembre 2018).
Concrètement, l’apprenant se forme sur son poste, sur l’équipement réel, pendant le travail. Mais pas n’importe comment : la formation est préparée, accompagnée et évaluée. C’est ce qui la distingue d’une simple prise de poste « à côté d’un ancien ».
Quelles sont les quatre conditions à respecter ?
- L’analyse de l’activité de travail, pour l’adapter, si besoin, à des fins pédagogiques : quels gestes, dans quel ordre, avec quels risques.
- La désignation préalable d’un formateur, qui peut exercer une fonction tutorale.
- Des phases réflexives, distinctes des mises en situation de travail : l’apprenant prend du recul sur ce qu’il a fait, analyse les écarts entre ce qui était attendu et ce qu’il a réalisé, et explicite ce qu’il a appris.
- Des évaluations spécifiques des acquis, qui jalonnent ou concluent l’action.
Akto rappelle que ces quatre critères réglementaires doivent impérativement être respectés, et décrit les phases réflexives comme des moments à part de la production, souvent un entretien mené à partir d’une grille préparée à l’avance1.
Pourquoi l’AFEST intéresse-t-elle l’industrie ?
Parce qu’elle part du réel. Le geste s’apprend sur l’équipement où il sera fait, avec les contraintes du site, au rythme de la production. Pas de salle à réserver, pas de simulateur à acheter.
Les formateurs de terrain la pratiquent déjà. Dans la logistique, 46 % des moniteurs de la branche pratiquent souvent l’AFEST, et ils demandent des supports vidéo et des outils d’évaluation3.
Elle répond aussi à une question de rythme : intérimaires, saisonniers et nouveaux embauchés arrivent toute l’année, et ne peuvent pas attendre la prochaine session de formation en salle.
Pour l’entreprise, elle a un autre mérite : elle rend visible, et reconnaît comme une formation, un tutorat qui existait souvent déjà sans être formalisé.
Comment financer une AFEST ?
L’AFEST n’a pas d’enveloppe dédiée. Les OPCO y contribuent quand elle s’inscrit dans un dispositif qu’ils financent : en particulier le plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés, ou le contrat de professionnalisation. Chaque OPCO définit ce qu’il prend en charge et à quel niveau2.
Quelques exemples, à vérifier auprès de votre OPCO avant de vous lancer :
- OPCO Mobilités (transports, logistique, services de l’automobile) indique une prise en charge possible dans la limite de 3 000 € HT par an et par entreprise pour l’accompagnement global, et de 2 000 € HT pour la formation des référents internes. Les montants varient selon les branches et les fonds disponibles4.
- Akto peut financer une AFEST, en tout ou partie, au titre du plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés, si la branche le prévoit1.
- OPCO 2i, l’opérateur de compétences de l’industrie, réunit 29 branches et 88 354 entreprises5 : renseignez-vous auprès de votre interlocuteur.
Au-delà de 50 salariés, l’AFEST relève en général du budget de formation de l’entreprise. Quant au FNE-Formation, il est suspendu depuis 2025, sans reprise prévue en 2026 selon une source secondaire6.
Où l’AFEST bute-t-elle en pratique ?
Sur le papier, l’AFEST est simple. Sur le terrain, elle bute souvent sur les mêmes points :
- Le temps du formateur. Le formateur désigné est souvent l’expert, le plus demandé de l’équipe. Il ne peut pas être à côté de chaque apprenant, à chaque mise en situation.
- L’analyse de l’activité. Décrire un geste demande du temps et de la méthode ; la rédaction est souvent remise à plus tard.
- Les traces. Phases réflexives et évaluations doivent laisser des traces, pour l’apprenant, pour l’entreprise et pour le financeur.
- La répétition. L’apprenant a besoin de refaire le geste plusieurs fois, sans mobiliser le formateur à chaque essai.
Comment la réalité augmentée et le mains libres outillent-ils l’AFEST ?
La réalité augmentée ne remplace pas le formateur. Elle l’aide à tenir chacune des quatre conditions dans la durée :
- Analyse de l’activité : le geste de l’expert, rendu visible sur l’équipement réel, devient la base de l’analyse, sans heures de rédaction.
- Formateur désigné : il prépare la formation en quelques minutes, puis accompagne au lieu de répéter.
- Phases réflexives : ce que l’apprenant a fait, et là où il a hésité, nourrit l’échange avec son formateur.
- Évaluations : les acquis sont vérifiés et suivis, apprenant par apprenant.
Le mains libres compte pour la mise en situation elle-même : l’apprenant garde les deux mains sur l’outil et les yeux sur le geste, guidé pas à pas sur l’équipement, à son rythme. Le formateur, lui, se rend disponible pour ce qui compte : l’échange, la correction, la sécurité.
Par où commencer ?
- Choisissez un geste, un poste et un premier apprenant.
- Désignez le formateur, et réservez-lui du temps dans son planning.
- Faites l’analyse de l’activité devant l’équipement, avec lui.
- Prévoyez les mises en situation, les phases réflexives et l’évaluation, avec leurs traces.
- Appelez votre OPCO avant de commencer : les conditions de prise en charge varient d’une branche à l’autre.
